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Présidentielle au Pérou: Keiko Fujimori promet expulsions de migrants et rapprochement avec Washington
information fournie par AFP 11/04/2026 à 03:39

La candidate à l'élection présidentielle au Pérou, Keiko Fujimori, du parti Fuerza Popular, s'exprime lors d'un entretien avec l'AFP dans un local de son parti à Lima, le 10 avril 2026 ( AFP / Ernesto BENAVIDES )

La candidate à l'élection présidentielle au Pérou, Keiko Fujimori, du parti Fuerza Popular, s'exprime lors d'un entretien avec l'AFP dans un local de son parti à Lima, le 10 avril 2026 ( AFP / Ernesto BENAVIDES )

La favorite de la présidentielle au Pérou, Keiko Fujimori, a promis vendredi d'expulser les migrants en situation irrégulière, d'attirer davantage d'investissements américains et de prolonger la vague conservatrice qui traverse la région, dans un entretien exclusif à l'AFP à la veille du scrutin de dimanche.

La candidate de droite s'est engagée à "rétablir l'ordre" au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir dans un pays durement touché par la criminalité, tout en affichant sa proximité avec Washington et des dirigeants conservateurs de pays voisins tels que l'Argentine, le Chili, l'Equateur et la Bolivie.

Keiko Fujimori, candidate pour la quatrième fois à la présidentielle, est donnée favorite du scrutin, qui compte un record de 35 candidats, avec près de 15% des intentions de vote dans les derniers sondages.

Dans un contexte de rivalité croissante entre les Etats-Unis et la Chine en Amérique latine, Keiko Fujimori a déclaré vouloir renforcer les liens avec Washington.

"Mon rôle, si je suis élue présidente, sera d'encourager les Etats‑Unis à s'impliquer de nouveau plus activement" dans l'économie péruvienne, a-t-elle déclaré, ajoutant vouloir aussi "inciter l'Europe à oser à nouveau traverser l'Atlantique pour venir au Pérou".

Le pays andin est le deuxième plus grand bénéficiaire des investissements chinois en Amérique latine, derrière le Brésil, avec au moins 29 milliards de dollars investis entre 2005 et 2025, selon le China Global Investment Tracker.

"L'Amérique latine est en train de s'orienter vers un courant qui accorde la priorité à la liberté, aux investissements et au rétablissement du contrôle et de la sécurité", a déclaré la candidate au sujet de l'accession au pouvoir de dirigeants de droite tels que Javier Milei en Argentine, José Antonio Kast au Chili, Rodrigo Paz en Bolivie et Daniel Noboa en Equateur.

"Il ne manque plus que la Colombie et le Pérou", a-t-elle souligné, disant espérer, en tant que présidente, s'inscrire dans cette dynamique.

- "Rétablir l'ordre" -

La fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990‑2000) a axé sa campagne sur la promesse de mettre fin à la montée de la criminalité, principale préoccupation des Péruviens, qu'elle associe à l'immigration irrégulière.

"Nous expulserons les ressortissants en situation irrégulière", a-t-elle assuré, promettant aussi d'envoyer l'armée dans les prisons et de réformer en profondeur le système judiciaire.

"Je m'engage à rétablir l'ordre au Pérou et nous demanderons des pouvoirs au Congrès afin que les forces armées nous aident à contrôler les prisons", a-t-elle notamment indiqué.

Sur la question migratoire, elle a plaidé pour la mise en place d'un "corridor humanitaire", afin de permettre le retour des migrants en situation irrégulière, notamment Vénézuéliens.

Keiko Fujimori a déjà promis durant sa campagne un durcissement du contrôle des frontières et de rétablir les "juges sans visage", des magistrats anonymes utilisés sous le régime de son père, une pratique controversée.

Tout au long de sa campagne, elle n'a pas hésité à invoquer sa mémoire. Malgré sa condamnation à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité, Alberto Fujimori, décédé en 2024, reste crédité par une partie de la population d'avoir vaincu la guérilla du Sentier lumineux (1980‑2000) et mis fin à l'hyperinflation.

Selon les derniers sondages, Keiko Fujimori est suivie de près dans les intentions de vote par l'humoriste au discours radical Carlos Alvarez, l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga, le centriste Ricardo Belmont et le candidat de gauche Roberto Sanchez.

Le pays andin traverse une profonde crise politique, avec huit présidents en dix ans, dont quatre destitués par le Parlement et deux autres contraints à la démission.

Les Péruviens éliront également dimanche leurs représentants au Parlement, dans le cadre du rétablissement d'un système bicaméral, une première depuis les années 1990.

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